Disney+ : Après trois mois, quel bilan pour le conso-mateur ?

Attendu comme le messie de nos divertissements, Disney+ est enfin arrivé sur nos écrans le 7 avril dernier. Trois mois plus tard, le service de la maison aux grandes oreilles a-t-il tenu toutes ses promesses ? Réponse en détails.

« Un Monde, Cinq Univers » ? Assez limité, finalement… Source : Disney+

Un feu d’artifice pour certains, un pétard mouillé pour d’autres. Disney+, le service de SVoD (Subscription Video on Demand, ou Vidéo à la Demande par Abonnement dans nos contrées) de The Walt Disney Company occupe désormais une place importante dans notre paysage audiovisuel français, au même titre que Netflix ou encore Prime Video. Mais ce dernier venu n’a pas fait que des heureux.

D’abord retardé d’une quinzaine de jours à cause de la crise du coronavirus, le lancement de Disney+ a aussi connu quelques couacs suite à son partenariat exclusif avec Canal+. Si l’engouement était à prévoir, les équipes du groupe à la chaîne cryptée l’ont à priori sous estimé, entraînant des difficultés voire des impossibilités à l’inscription pour certains abonnés.
Pour les autres, ils découvrent un service à l’interface moderne, soignée et avenante, mais au contenu parfois aléatoire : manque de VF, que ce soit en audio ou en sous-titres, épisodes de séries absents ou mal rangés, titres introuvables mais annoncés comme présents, etc. Bref, si le lancement dans l’ensemble n’est pas raté, il laisse cependant un goût en demi-teinte.

Toujours mieux qu’Amazon Prime Video, cela dit… Source : Disney+

Trois mois plus tard, certains problèmes ont été corrigés, notamment sur la VF ou sur la disposition des épisodes de séries, mais tout n’est pas encore parfait. Le service a en effet un problème de taille surtout sur le marché actuel : sa capacité à renouveler son catalogue.
Car, au-delà des sempiternelles critiques de personnes qui refusent de comprendre la logique de la chronologie des médias (Ça ne sert à rien de le réclamer sur tous les réseaux sociaux, Avengers : Endgame en France sur Disney+, c’est pas avant 2022 !), le service a bien du mal à proposer quelque chose de neuf et d’original à se mettre sous la dent pour le « conso-mateur ».

Pire, quand Disney tente de sauver la face en rétrogradant des films de sortie cinéma à sortie SVoD, on comprend rapidement au visionnage que la politique n’est pas forcément bonne. Les pontes du studio semblent utiliser le service comme un cimetière des éléphants pour des films auxquels la compagnie ne croit pas, plus ou pas assez pour le cinéma. Parfois à raison, comme Artemis Fowl, véritable accident industriel.

Tentative n° 4873 de refaire le succès d’Harry Potter : Échec. Source : Disney+

Pour autant, tout n’est pas perdu et laisse à croire que The Walt Disney Company peut se rattraper. Leur dernier coup de maître s’intitule Hamilton. Prévu au départ au cinéma pour Octobre 2021, la captation de ce show grandiose de Broadway a finalement rejoint Disney+ la veille de l’Independence Day suite à la crise de la Covid-19.
Malgré un lancement limité, avec sa disponibilité uniquement en VO et sous-titres anglais, professionnels comme amateurs s’accordent pour féliciter le studio de cette décision, Hamilton étant un spectacle révolutionnaire et joué à guichets fermés depuis de nombreux mois, sa mise à disposition sur Disney+ permet ainsi son internationalisation et son accès plus facilement et rapidement.

Il reste cependant un problème : un gros titre par mois ne suffira pas à Disney+ pour affronter à armes égales un concurrent comme Netflix. La société au N rouge est aujourd’hui devenue assez puissante pour se permettre des annonces fortes et régulières sur son service, assurant une fidélisation quasi-certaine pour chaque nouvel abonné.
Disney+, malgré qu’il soit mis en place par la société de divertissement la plus puissante du monde n’arrive pas actuellement à suivre cette cadence et risque de peiner à convaincre et fidéliser de nouveaux abonnés une fois son socle de fans établi.

Il a créé les USA, il peut pas tout faire non plus… Source : Disney+

La solution se trouve alors peut-être dans un changement de tactique pour Disney+ : et si le service ne devait plus être vue comme un adversaire de Netflix, mais comme un service différent et autonome ? Au lieu de voir Disney+ comme un robinet débiteur de nouveautés qu’il faudrait sans cesse réapprovisionner et sachant qu’il n’est pas, à contrario de Netflix, menacé par les fins de droits, la solution pourrait plutôt être de le présenter comme une bibliothèque permanente permettant d’accéder à « presque » tout l’univers Disney à moindre coût ?
Après tout, le service a la force de permettre pour le prix de 3 Blu-ray par an de visionner un grand nombre de titres du catalogue Disney. Idéal pour les fans ou les familles. Reste à voir quelle décision va être prise dans la compagnie aux grandes oreilles pour l’avenir de son service.

Nathan DARMON